Journée dramatique du 20 août 1944.

SAINT ASTIER

Dordogne

*

Son Histoire

Et sa Préhistoire

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Par Paul-Serge AVRILLEAU et Anne-Josette COSTE

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Avant d'éditer les trois tomes de leur HISTOIRE DE SAINT-ASTIER les auteurs souhaitent soumettre à l'avis des internautes astériens quelques points historiques et recueillir leur avis. Ils présentent aujourd'hui l'historique détaillé des terribles journées vécues par les astériens au mois d'août 1944.

Ils poursuivent par la publication du cahier manuscrit de Joseph Coste, père d'Anne-Josette, concernant cette journée dramatique du 20 août qui a marqué l'Histoire de Saint-Astier au plus profond de sa sensibilité. Ce témoignage a d'autant plus d'intérêt qu'il a été écrit de la main d'un témoin privilégié du drame, et qui a échappé miraculeusement à l'exécution des otages victimes de la barbarie nazie.

 

LA « BATAILLE » DE SAINT ASTIER

TRAGEDIE DES QUATRE ROUTES

BIBLIOGRAPHIE

(ordre chronologique)

[1] « FORCES FRANCAISES » hebdomadaire N°3 du 27 août au 3 septembre 1944. Organe du secteur Nord de l'Armée Secrète de la Dordogne. Article intitulé: « L'Affaire de St.Astier ». Sous-titre: « 300 FFI devant 1.500 Allemands ».

[2] « COMBAT » journal N°69 du mardi 12 septembre 1944, organe des mouvements de libération nationale, Bordeaux. Article intitulé: « L'Héroïque résistance de Saint-Astier ». Sous-titre: « Avant de fuir devant les attaques des F.F.I. les Allemands ont fusillé vingt- deux otages. Au cours des combats treize soldats des F.F.I. furent tués et seize blessés. »

[3] « LA TERREUR EN DORDOGNE, Rouffignac, Mussidan, Saint-Astier, Ribérac etc … ouvrage de 31 pages édité au profit de l'Association Départementale des fusillés et massacrés de la Dordogne (Périgueux). (date ?)

[4] COSTE Joseph Noé, « 20 Août 1944 » cahier manuscrit inédit. 1944. 22 pp.

[5] NOGUE Edouard, abbé de Saint-Astier, « LES ALLEMANDS A SAINT-ASTIER » 1945, 20pp. Imprimerie des Orphelins Apprentis, Tarbes.

[6] BART Jean, « LA DORDOGNE MARTYRE », (1946) 161pp. Editions Fanlac, Périgueux, Imprimerie Magne, Périgueux.

[ 7] NOFED, (pseudonyme) « VINGT ANS APRES » (1964) Journal SUD-OUEST.

[8] PENAUD Guy, « HISTOIRE DE LA RESISTANCE en Périgord » Supplément au Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 1984-IV. 450pp. Editions Fanlac, Périgueux.

[9] « FRANCS TIREURS et partisans français EN DORDOGNE » 1990. 640pp. Editions Maugein, Tulle, pour le compte de l'Association pour la publication d'un ouvrage sur la contribution des F.T.P.F. à la Résistance.

[10] LAGRANGE Jacques (2007) « DICTIONNAIRE DE LA RESISTANCE -DORDOGNE- Occupation, Collaboration, Libération, Epuration. » 224pp. Editions Pilote-24.

[11] LORMIER Dominique (2007) « LA LIBERATION DE LA France, Aquitaine - Auvergne - Charentes - Limousin - Midi-Pyrénées » 185pp, Editions Lucien Souny.

 

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La première présence allemande à Saint-Astier.

Malgré un incident sérieux qui a failli tourner au drame, au Verdier, le 5 avril 1944, la première installation des troupes allemandes à Saint-Astier s'effectue sans incident majeur: De jeunes soldats, futurs aviateurs, vinrent loger dans la salle de la Justice de Paix (aile gauche de la nouvelle mairie) et le 11 avril 1944 une garnison s'installe définitivement dans la mairie, dans la halle du Minage (aujourd'hui place des Marronniers), dans les écoles et dans les baraquements qui étaient construits derrière la mairie [5] [7].

Les écoliers de St.Astier durent aller en classe à Excideuil (village à l'extérieur du bourg), à Puyferrat ou à Jeyvah et les services municipaux furent transférés dans la maison « Chateauraynaud » [5] (Cette maison, située dans le quartier des Barris, est devenue celle du Général Clerc et, plus tard, celle de la famille Picard) .

Ce qui justifie la présence des premières troupes d'occupation allemandes c'est l'installation, dans l'une des anciennes carrières souterraines d'extraction de la pierre à chaux, située au lieudit Crognac, d'une usine de fabrication de pièces d'avions par la Société bordelaise SNCASO (**) que les occupants allemands ont réquisitionnée [7].

Cette usine souterraine, à l'abri des bombardements, employait 3000 personnes en 1944, parmi lesquelles des civils de Bordeaux, de St Nazaire, de Cannes et de St.Astier [7].

Saint-Astier devient une forteresse des occupants.

Le centre de St.Astier va devenir alors une véritable forteresse allemande, entourée d'une double rangée de barbelés et parcourue de tranchées reliant divers fortins et un P.C. central [5] [7]. Le clocher de l'église, alors entouré d'échafaudages pour des travaux en cours, servait de donjon; les tuiles du toit avaient même été enlevées [5]. Un couvre-feu fut instauré, interdisant les lumières et éclairages divers à la tombée de la nuit. Des piquets de 2m furent plantés en quinconce dans la belle prairie de Labatut pour empêcher tout atterrissage d'avions [5].

Attaque d'un train à Mussidan. Incidents.

Le 11 Juin 1944 un astérien Jean Mignon (lieutenant Kléber à l'A.S. (Armée Secrète) trouva la mort à la tête de ses hommes à Mussidan [5]. A la suite de l'attaque d'un train par ces maquisards FTP, sept d'entre eux ont été tués [10] et le chef de la Gestapo de Périgueux, Hambrecht, persécuteur tristement célèbre, passa 52 personnes et 2 maquisards par les armes à Mussidan [10]. La répression devint alors plus sévère et 5 astériens furent réquisitionnés pour aller chercher 13 cadavres allemands en gare de Mussidan: Rague Marcel, Lavignac Edouard, Joyel et deux jeunes gens; Ils étaient accompagnés par le Colonel Bru, maire de St.Astier qui disposa d'un ordre de mission en bonne et due forme, ce qui n'a pas empêché le groupe astérien d'être victime de railleries douteuses de la part d'une patrouille de nord-africains enrôlés par la Gestapo [5].

D'autres incidents eurent lieu à St.Astier le lendemain, lundi 12 juin 1944:

-Vers 15h15, Georges Boissière fut assassiné aux Quatre Routes, devant sa femme, par une patrouille allemande venant de Villamblard, parce qu'il n'avait pas ses papiers sur lui et travaillait dans son champ. Ce même détachement tua M. Eclancher, un peu plus loin à Malavaud, dans les mêmes conditions [6].

-A 21h15, un quart d'heure après le couvre-feu, un coup de feu non identifié éclata dans le quartier de l'église. Après quelques fusillades et perquisitions dans ce quartier, les allemands prirent 3 otages: Geiger Charles, Maturin Dominique et Lafourcade Raymond (dit Napoléon, buraliste). Ils furent emprisonnés dans le grenier de l'école des filles. L'autorité allemande obligea le secrétaire de Mairie, M. Laplénie, à faire, dans le village, vers minuit, une annonce répétée une quinzaine de fois et accompagnée de coups de trompe, indiquant que des otages se trouvaient à la mairie et qu'ils seraient exécutés en cas de nouvel incident. Deux heures plus tard la passerelle de la voie de chemin de fer de Razac sautait et pourtant les otages furent libérés, sur l'intervention du Maire, le lendemain matin, mardi 13 juin 1944 [2] [ 5].

C'est pendant cette période que la TODT (*) va s'installer à St.Astier, sur le terre-plain situé en face des usines Labasse-Mallebay; Quatre baraquements s'y élèvaient en carré [7] et les dirigeants prirent possession de la maison Egretaud. Le grand projet de la TODT était de construire une voie ferrée et un pont sur la rivière, en face des carrières souterraines pour y acheminer les pièces d'avions fabriquées à l'usine jusqu'à une station de chargement de la SNCF. Pour débuter ces gros travaux, une énorme pelle à vapeur enlèva la terre dans les prairies entre le canal et la rivière [7].

Le 28 Juillet 1944 le 90ème régiment de l'aviation allemande prenait possession de Saint-Astier pour assurer la garde de l'usine d'aviation [8].

Le mois d'août 1944.

Le 3 août 1944, à Jeyvah, un avion allié mitraillait la locomotive d'un train qui ramènait les ouvriers de St.Astier à Périgueux et le 4 août un gros pylône électrique fut dynamité à La Borie, mettant les ouvriers de l'usine au chaumage technique [5].

Suite aux rumeurs successives au débarquement des alliés en Normandie et à leur progression, le moral des occupants sembla faiblir. Des baraquements inachevés à Brouillaud furent abandonnés, la grande pelle à vapeur quitta son chantier dans un grand bruit de ferraille et des ratés de son moteur [5]. Et le 17 août 1944 la garnison allemande de St.Astier annonca son départ au Maire le Colonel Bru et quitta effectivement les lieux le 18 août non sans avoir brûlé derrière la mairie de grosses piles de draps, de serviettes et de couvertures pillés pendant leur séjour [2].

Il faut dire que des maquisards ont posé un ultimatum aux occupants allemands, leur intimant l'ordre de déguerpir [2]. Les résistants se regroupaient en effet autour des principales villes de la Dordogne et encerclaient l'occupant. Certains étaient déguisés en miliciens. L'ultimatum astérien fut lancé par le Commandant Léon, du groupe Mangin et par le capitaine anglais Marc, du commando Nelson (gardes irlandais) [5].

Et le vendredi 18 août 1944, vers midi, les occupants allemands quittèrent les lieux, mais la journée n'était pas finie.

Le soir même du 18 août, à peine la garnison ayant tourné les talons et les astériens ayant repris possession de leur centre ville, arriva une curieuse troupe de 87 cyclistes polonais, venant de Périgueux par groupes d'une quinzaine, le fusil en bandoulière; ces sapeurs mineurs avaient pour triste mission de faire sauter l'usine aéronautique souterraine et son outillage de précision. Ils évacuèrent les employés de bureau qui restaient dans l'usine alors abandonnée par les ouvriers et vinrent chercher le matériel (cordons et explosifs) entreposé au « Minage » (marché en patois périgourdin), pour commencer leur sale besogne.

Pendant ce temps l'Armée Secrète entrait dans Saint-Astier (FFI et FTP réunis pour la victoire) brandissant des drapeaux tricolores, chantant la marseillaise et parcourant les rues de la ville, à pied, en camions ou à motos; ils se dirigèrent ensuite vers Périgueux pour annoncer la victoire [5].

Samedi 19 août 1944

Vers 10h du matin, venant de Ribérac, plusieurs groupes de maquisards arrivent à St.Astier par la rue du cimetière (aujourd'hui rue Kléber) ; Il s'agit de la compagnie Guitton, du bataillon Bugeaud, du groupe franc Roland, des groupes Labadie et Gossot [11]. Ils stationnent à l'abri de la maison Labasse car ils veulent éviter d'être vus par des Allemands qui ont installé une mitrailleuse lourde au-dessus des carrières, presque à l'aplomb de la cheminée de la chaufferie et qui épient les alentours à la jumelle. L'intention des maquisards est de dissuader, au plus vite, les « pionniers » ennemis de mettre en œuvre la destruction de l'usine aéronautique souterraine [7].

La compagnie Guitton a tracté jusque là un canon de 75 (certains disent 2 canons) que les maquisards installent entre les baraquements derrière un tas de traverses de chemin de fer. Quelques badauds imprudents, dont deux coiffeurs en blouse blanche, assistent à l'ancrage de l'affût (l'un d'eux sera fusillé le lendemain aux Quatre Routes). Ne disposant d'aucun instrument (ni jauge ni viseur) un servant vise directement par le sommet du tube et introduit un obus; il tire (la distance est de 500m) et le projectile atteint du premier coup son objectif; un artilleur allemand est tué et d'autres blessés. Le corps disloqué de la victime sera découvert le lendemain au pied de la falaise, à l'entrée de la chaufferie. Les autres servants blessés rampent dans les buissons. Il est midi. Un second obus parvient au même objectif et fait encore des victimes. Certains astériens tenteront de s'aventurer à la recherche des blessés mais seront vite dissuadés dans leur folle entreprise par une mitraillette appartenant à une sentinelle placée en couverture de protection du nid d'aigle de la mitrailleuse, désormais mise hors d'usage [7].

Profitant de l'effet de surprise, quelques maquisards partent, par un chemin détourné, à la recherche des blessés allemands qu'ils transportent à l'hôpital de la Fontpeyrière (infirmerie de l'Hospice) où ils sont soignés, alors que d'autres allemands s'installent dans les fortins aménagés aux portes d'entrées de la Carrière [7].

Là les différents témoins divergent dans leurs déclarations: certains prétendent que le même canon de 75, après avoir tiré un troisième obus, tuant 5 allemands, est transporté dans la propriété Stipal, au château de Labatut, à quelques lieues de l'entrée principale de l'usine d'aviation. On a parlé aussi de deux canons apportés par les maquisards.

D'autres disent qu'un autre canon de 75 fut récupéré par le Colonel Bru derrière la place de l'église, vestige de la guerre de 14, le mit en état de fonctionnement et le plaça au bout de l'année du château de Labatut, en face de l'entrée de la carrière.

Quoiqu'il en soit, la distance est de 650m. Des obus détruisent des fortins de la carrière et l'un d'eux atteint de plein fouet la porte d'entrée principale, brisant l'une des colonnes de soutènement de la porte, trouant la porte métallique, traversant un mur de briques et éclate à l'intérieur, tuant trois ennemis. Une plaque commémorative sera placée, plus tard, à l'endroit précis de l'explosion, car il s'agit d'un véritable exploit de la Résistance. Les carrières de St.Astier seront sauvées et elles auront bien d'autres usages, dans un avenir lointain.

Comme l'explique « Nofed » dans le quotidien Sud-Ouest: « Le capitaine allemand essaie d'appeler à son aide les troupes d'occupation de Périgueux. En vain. La ligne directe le reliant au chef-lieu a été cisaillée. Il demande à la poste de lui donner la communication. Le P.C. du maquis, rapidement installé dans la maison du docteur (en fait général) Clerc, a pris ses dispositions. Il délègue auprès du receveur, deux officiers et le jeune interprète lorrain de la S.N.C.A.S.O. Aux demandes réitérées du chef allemand, qui croit être en relation avec la « Kommandantur » de Périgueux, l'interprète répond que les troupes du chef-lieu sont encerclées et que toutes tentatives de sorties semblent vouées à l'échec. » [7]. Le moral des assiégés de la carrière est au plus bas et les maquisards envoient deux parlementaires (Peytoureau et Ott) et un interprète arborant un drapeau blanc pour exiger la reddition des occupants de la carrière.

Le Capitaine Marc (de l'armée britannique) et le Commandant Brandstetter (des troupes coloniales) obtinrent un cesser le feu jusqu'au lendemain 9h et les allemands furent autorisés à visiter leurs blessés à l'infirmerie de l'Hospice et à relever les morts du fortin au-dessus de la carrière [5].

Le capitaine allemand ne se rendra finalement que le lendemain 20 août vers 10h30, après bien des palabres et la promesse que ses hommes ne subiraient aucun mauvais traitement. En échange les carrières ne subiront aucun dommage [7]. Ainsi la population astérienne assiste au défilé du plus grand groupe de prisonniers « allemands » réalisé par la Résistance entre 1942 et 1944 [8]. Les prisonniers sont enfermés dans l'un des baraquements de la TODT. « Saint-Astier se croit définitivement libérée; hélas! [7].

Nous passons ici la parole à Monsieur COSTE Joseph qui a vécu les événements de cette dramatique journée du:

20 août 1944

 

Récit de Monsieur Coste Joseph:

« Depuis quelques semaines un malaise régnait entre ouvriers, population astérienne et les troupes d'occupation. Ces troupes d'occupation étaient réparties en deux groupes: l'une (La « Told ») (*) les ouvriers travaillant à la carrière des usines à chaux, route de Crognac et l'autre la troupe cantonnée derrière la mairie. Troupe d'occupation: tantôt des nord-africains, tantôt des Géorgiens, tantôt des Arméniens etc … cette dernière devait combattre les maquisards.

La première page du manuscrit:

Dans la matinée du 19 août le maire Monsieur Bru, ancien colonel, vint prendre possession d'un vieux canon, lequel était depuis longtemps derrière la place de l'église (vestige de la guerre de 1914), le mit en état et le fit placer dans la prairie du château de Labatut, face à l'entrée de la carrière.

Après quelques coups de canon il y eut des blessés parmi les troupes d'occupation, ceux-ci furent aussitôt transportés à l'infirmerie de l'hospice (la troupe d'occupation située derrière la mairie avait été évacuée quelques jours avant) tant qu'aux autres ils étaient faits prisonniers.

Dès l'aube du 20 août des troupes d'occupation étaient annoncées de Périgueux en suivant la route 89, se dirigeant vers Bordeaux.

Aussitôt un groupe de résistants astériens, sous le commandement du lieutenant Bébéar, se forme afin de retarder la marche de ces troupes; des arbres sont abattus tout le long de la route et mis en travers de cette dernière.

Ces troupes d'occupation étaient commandées par un ancien général de souche autrichienne cassé de son grade pour insoumission et envoyé sur le front de Russie;

Sur le front de Russie, il avait repris des gallons puis blessé; ayant été blessé sur la fin des hostilités, il avait été envoyé en France afin d'acheminer ces troupes d'occupation depuis Brive jusqu'à Coutras.

Aussitôt les résistants astériens s'organisent à l'arrivée de ces troupes devant le village du Haut-Roudier, les uns gardent le pont de pierre; les autres le pont du chemin de fer, les autres dans la plaine du Roc et deux guetteurs au clocher (Gaillard et …?); les armes et les munitions leur sont délivrées par des bénévoles, tant mal que bien -aux armes françaises on leur distribuait des munitions anglaises, aux armes anglaises c'était des munitions américaines - etc …

Vers 10 heures nos graves résistants de notre rue Maréchal Foch -Boubou, Brunet, Venou- passent lestement en nous disant « ça ne va pas! ».

Vers 12h, ayant travaillé toute la matinée; ma femme et moi décidons de partie pour Rougerie rejoindre notre fille que la laitière Madame Frant avait bien voulu accueillir la veille.

Je sors du magasin de boulangerie, je vais quérir ma bicyclette à ma remise située à côté de l'ancienne gendarmerie et en tenant la bicyclette j'entendais que l'on me criait « Arrête toi, on te tire dessus ! »? Je me suis arrêté; aussitôt un soldat me gifle fortement et « ros… ros ! » me faut signe d'aller vers la rue Lafayette. A l'instant même un officier lève le bras sur ce soldat; ce dernier me lâche, se retire en grommelant et cet officier m'interroge.

Après l'interrogatoire cet officier me demande Monsieur le Maire -trop loin- puis Monsieur le secrétaire de Mairie, et je le conduis à la demeure de ce dernier. En cours de route, en longeant le trottoir de l'ancienne Coop agricole j'entends par le soupirail Madame Rey qui crie: « Monsieur ce n'est pas de maquis. » Cet officier s'arrête et lui répond: « Madame soyez rassurée il ne sera pas fusillé ». Arrivés devant la porte du secrétaire, nous trouvons porte close. Ils étaient partis, lui, sa femme et sa fille. Demi-tour et me demande de le conduire à la mairie: cette dernière était située rue Léonce Chaulet dans l'immeuble du Général Clerc.

Monsieur COSTE Joseph.

En cours de route, sur la place des marronniers un camion était en feu (Gaz et Électricité). Au café de Paris, le bar est défoncé et les soldats d'occupation se désaltèrent à plein gosier car il fait une chaleur orageuse, puis tous les deux (cet officier et moi) nous entrons au Café du Commerce place du champ de foire; il me dit d'entrer le premier par le couloir. Dans le couloir, avant de descendre les deux marches donnant vers la salle du café, se trouvait une caissette en bois sur la première marche. Au moment où je descendais la première marche un maquisard bénévole emportait cette caissette. Toujours avec cet officier nous faisons le tour de la salle puis, quelques minutes après, nous remontons les deux marches donnant sur le couloir; à ce moment un maquisard que je ne connais pas, nez à nez, nous dit: « ah les salauds, ils ont raflé la caisse! ». Sortis du Café du Commerce nous nous dirigeons vers la mairie (chez le Général Clerc) rue Léonce Chaulet) je rentre le premier, suivi toujours par cet officier (mon sauveur). Les soldats qui s'étaient infiltrés dans St.Astier et la mairie emportaient les uns des machines à écrire, les autres autre chose; puis nous sortons et toujours sous ses ordres nous nous dirigeons cours Victor Hugo. Là halte face à la maison Mallebay-Labasse. A droite un autre camion (Georges) brûlait; à gauche, sur une petite charrette, beaucoup de petits poignards; ordre de jeter ces poignards dans le brasier; en prenant ces poignards je me trouvais face à face avec des maquisards qui avaient élu domicile à la ferme Rapnouil qui se trouvait en face de la maison Mallebay-Labasse.

Puis un ordre de me joindre à une colonne de 18 nord-africains et d'un belge et en route vers la 89 (route nationale). Sur la place se trouvait Boulenzou assis sur un banc, face au marché; cet officier lui dit en passant: « allez sortez vous de là, camouflez vous ». En compagnie de ce belge et de ces 18 nord-africains nous descendons le marché; arrivés au carrefour de la route La Borie -Montanceix et Les Quatre Routes, halte d'une demi-heure. Et je vois, le long du mur de la maison de M.Georges, face à la maison Ladoire, accroupis, une dizaine d'astériens. Personnellement je me dégage du groupe et touche la main à la plupart d'entre eux, tout en regardant vers La Borie -Montanceix s'il n'y avait aucun gardien; je leur dis à Lafleur, Dupeyrat, Venou, Pichaud, gendarme en tenue, Dupont etc: « C'est le moment de vous sauver ! ». Ils me répondent tous: « inutile, on va relever les arbres ». Puis en route vers la 89. Tout le long de la route je questionnais l'officier, mon sauveur: il parlait le pur français et me dis qu'il faisait le commerce de vins à Paris depuis longtemps. Je lui posais beaucoup de questions; il me répondait gentiment entre autres que ce n'était ni civils ni soldats et qu'il n'était pas maître d'eux. Enfin il me dit: « C'est regrettable, nous avons été attaqués, nous nous défendons ».

Arrivés aux Quatre Routes, halte pour laisser le passage du gros des troupes venant de Brive (il y avait beaucoup de camions et quelques canons). Une heure après, en route vers La Massoulie; il nous faisait tenir le côté droit de la 89; au milieu les troupes qui descendaient, à droite vers la rivière, à gauche vers La Mouline des troupes de couverture.

Mais arrivés à la première ferme de La Massoulie (M. Bru Marcel), halte, il y avait encore encombrement; j'attendais depuis quelques minutes lorsque j'entendis Madame Bru crier: « Il n'y a plus d'eau ! ». Elle avait placé une table dans la porte et leur donnait à boire de l'eau sans que ceux-ci pénètrent chez elle. A cet appel, à mes risques et périls, je traverse la route encombrée de troupes et me présente à la table; aussitôt elle me voit et faillit tomber en syncope; je ne savais quoi faire; elle se remet; je luis dis: « Donne moi le seau! » et j'allais au puits communal; de temps à autre je lui procurais des lettres d'américains avec qui je correspondais depuis 1918; Je m'étais trompé de portefeuille, au lieu de prendre mon portefeuille d'identité; puis je fis signe au belge et, avec l'arrosoir, il puisait de l'eau au puits communal et moi , avec le seau, j'allais beaucoup plus loin puiser l'eau au puits de son beau-frère Bru Raoul, croisant ces troupes en ayant le seau à la main.

En passant devant la grosse maison Mazière deux corps étaient étendus, recouverts d'une couverture et quelques minutes après, lorsque j'y suis repassé, à la place des deux corps était un petit tas de cendres du volume de la casquette.

Vers 23 heures un fort orage s'est abattu dans la région et vers 6h lundi matin, n'apercevant que quelques traitants je suis parti du puits de M. Bru Raoul, je longeais le long de la rivière; arrivé face aux Quatre Routes je suivais le pré derrière la maison de M. Astarie.

Aussitôt dans la prairie j'ai aperçu le corps de M. le Curé Lafaye, à 25 mètres le corps du juif qui devait servir d'interprète et à quelques 50 mètres -vue atroce- 19 corps environ, allongés, empilés les uns sur les autres, le corps de Huguet marchand de vin, le corps de Pichot gendarme au 2ème rang et ainsi de suite, tous exécutés de la même façon: une plaie béante au cou et une autre à la nuque, les corps tous allongés la tête vers la route, les pieds vers le ruisseau de La Mouline.

Dans la matinée du dimanche les troupes de la route nationale avaient repéré les deux gardes français qui étaient au clocher et ces derniers ont été fusillés à leur poste, puis ces troupes en entrant sur le pont de pierre avaient repéré Félix dans le jardin de l'hôtel de France et ce dernier a été aussi fusillé.

En cours de route ils ont fusillé un nord-africain sur la 89, face au Moulin Brûlé, un autre au Dérot; ils ne pouvaient pas suivre le convoi; les autres ont été relâchés vers Montpon.

Cet officier qui nous a sauvés a été fait prisonnier pendant deux ans au fort du Ha à Bordeaux. Lors de son jugement beaucoup de femmes et d'hommes sauvés grâce à lui sont venus témoigner de Brive à Périgueux en sa faveur. En pleine audience ces témoins lui ont apporté des fleurs alors que d'autres l'ont embrassé. La Parquet a été très ému de cette marque de sympathie.

Ce sont des Lithuaniens qui ont fusillé les astériens.

Cet officier est rentré aussitôt son jugement au pays en Autriche et il est mort quelques années après.

Complément

Vers 13 heures, après le repas, je vais chez le pâtissier acheter un gâteau pour l'apporter, ma femme et moi, chez Mme Frant à Rougerie, laquelle avait recueilli la veille ma fille.

J'arrivais à la maison en tenant le guidon de la bicyclette d'une main et de l'autre le gâteau, lorsque je fus interpellé brutalement par un soldat avec deux gifles accompagnées du mot « ros »; ma femme qui se trouvait sur le trottoir me crie: « Arrête toi on te tire dessus !». A ce moment un officier supérieur lève le bras sur celui qui m'avait giflé et me questionne. Il causait le pur français et je répondais à ses questions: « M. le Maire ? » - « A deux kilomètres ! » - « M. le Secrétaire de Mairie ? ». Et je l'accompagne chez M. Laplénie rue Jules Ferry. Sur l'aller du parcours, Mme Rey, par un soupirail, dit à cet officier qui me conduisait: « Monsieur ce n'est pas de maquis !». Et l'officier aussitôt répondit: « Madame soyez rassurée il ne sera pas fusillé ». Arrivés chez M. Laplénie nous trouvons porte close, puis il me demande la mairie. Nous faisons demi-tour et en route pour la mairie -maison du général Clerc-. En cours de route, sur la place des marronniers un camion (Gaz et Électricité) brûlait. Des troupes s'étaient infiltrées au Café de Paris et buvaient à plein gosier; puis nous entrons au Café du Commerce. Au moment de descendre les deux marches pour descendre dans la salle du café je me trouve nez à nez avec un astériens qui prenait une petite mallette dans le couloir. L'officier et moi faisons le tour de la salle et en remontant les deux marches nous nous trouvons face à face avec un maquisard étranger qui nous dit « Ah les salauds, ils ont volé la caisse ». Nous ressortons et en route pour la mairie. Là nous entrons, mais des troupes emportaient chose et autre, une machine à écrire etc … puis nous sortons et rejoignons la rue Victor Hugo. Face à la maison Mallebay se trouvait un camion de l'usine Georges en feu et une petite charrette chargée de petits poignards. Cet officier m'ordonne de jeter les poignards dans le brasier en feu. Puis il me fait grouper avec un belge et dix huit nord-africains qui travaillaient à la « Told » et en route vers la route nationale. Le père Boulenzou qui se trouvait devant chez lui, cet officier lui dit « Voulez vous vous sortir de là … camouflez vous! ». Et nous descendons par le marché aux bœufs et traversons le pont de pierre.

Arrivés, l'officier, le groupe et moi, un ordre « Halte! ». A ce moment je me dégage du groupe et je vois accroupis à côté du mur de M. Georges, M. Reveillas jeune, Dupont, Pichaud gendarme, Venou électricien. Ne voyant rien du côté de La Borie je leur dis: « C'est le moment de se sauver! ». Ils me répondirent: « Inutile on va relever les arbres ». Et de nouveau notre colonne se dirige vers les Quatre Routes.

Je me tenais toujours vers l'officier, mon sauveur, et le questionnais. Il est de souche autrichienne et faisait le commerce de vins à Paris avant la déclaration de guerre. En entrant dans une ville de France, une femme lui a craché au visage; aussitôt ordre de prendre cinquante otages; il a refusé, c'est alors qu'il a été cassé et envoyé sur le front de Russie, mais là il s'est bien comporté et a repris des galons et c'est vers août 1944 qu'il était revenu blessé avec ordre de rassembler toutes les troupes d'occupation de Brive à Coutras. Depuis Brive il ne cessait de leur répéter, aux civils qui se trouvaient sur leur passage: « Sortez-vous de là, camouflez vous! ». Ces troupes d'occupation traversent Périgueux, mais arrivés à Jévah, face à St Astier, ont été attaqués par des maquisards.

Après un arrêt aux Quatre Routes pour laisser la voie libre à ces troupes d'occupation, en route sur la route 89 en empruntant le côté droit de la route. Mais arrivés, notre groupe, l'officier, les dix huit nord-africains, le belge et moi, à la première maison sur la gauche M. Bru M. il y a eu embouteillage, alors encore repos. Il était dix neuf heures lorsque j'entends Madame Bru dire à haute voix: « Il n'y a plus d'eau! ». Alors je me dégage du groupe et m'approche de Mme. Bru; aussitôt, me voyant seul avec toutes ces troupes a failli tomber en syncope. Mais quelques minutes après elle s'est remise et elle me donne l'arrosoir pour aller puiser l'eau au puits du village et sur cet entrefaite m'étant trompé de portefeuille j'avais des papiers américains avec lesquels je correspondais. De crainte d'être fouillé je les lui donnais sous l'arrosoir et elle me les faisant brûler. Puis je fis signe au belge de s'approcher; aussitôt je lui donnais l'arrosoir et je lui pris le seau pour aller puiser l'eau beaucoup plus loin au puits de Bru Raoul.

Mais vers vingt et une heures un orage violent avec beaucoup d'éclairs et de pluie. Je me retranchais derrière le puits afin de me cacher. La plupart des gens de La Massoulie, à leurs risques et péril, venaient me trouver « Viens chez moi, tu seras à l'abri et je te camouflerai ». A tous je les remerciais: « Non, vous seriez fusillés et votre maison brûlée. ».

Lundi matin 21 août, vers cinq heures, je me décide a rejoindre St Astier en longeant la rivière car il y avait encore des traînards sur la route. Je traversais le ruisseau La Mouline et dans une prairie, entre le ruisseau et la route je fus émotionné de voir dix neuf fusillés, tous les pieds vers le ruisseau et la tête vers la route; je courus donner l'alarme aux premières maisons, mais non loin de là, dispersés se trouvaient le corps du curé Lafaye et du juif interprète.

Pendant l'occupation beaucoup de tristes choses étaient passées:

1- Le révolver que M. Jean Bordas avait pris en étant tous les deux en état d'ivresse à un officier allemand et l'avoir jeté à la rivière, ordre de prendre cinquante otage si le révolver n'est pas trouvé à 17heures. A 17 heures moins quelques minutes le révolver était retrouvé.

2- Affaire Chanraud. Ancien maire de St.Astier il avait rejoint le maquis entre Manzac, Vergt et Villamblard et quelquefois il venait s'approvisionner chez lui clandestinement à St.Astier, mais des traîtres français à la solde des allemands avaient eu vent de l'affaire et guettaient Chanraud. Or un soir Chanraud arrive chez lui mais le chef des garde voix (T), poussé par un ancien conseiller municipal et un grand blessé (L) vit du pont du chemin de fer l'auto de Chanraud. Aussitôt il donne l'alarme et Chanraud fut arrêté.

3- Coup de fusil tiré par Jean Bordas en l'air dans la ruelle du porche. Perquisition dans certaines maisons du quartier et prise de trois otages: Jeiger, Mathurin et Lafourcade. Avec appel à la population vers 22h: « S'il y a désordre avant 6h du matin les trois otages seront fusillés ».

4- Les maquisards ayant attiré des troupes d'occupation dans un guet-apens vers Bourrou; ces derniers avaient eu beaucoup de pertes. Au retour ils fusillaient ceux qui étaient dans les champs et Eclancher de la Mouline, Boissière de St.Astier ont été tués dans leur champ.

5- Meynard, de la Cie des chemins de fer PO, Soulier de la barrière de Redondie et le gendre de Teillet de la barrière de Jevah, avaient eu l'idée de planter un drapeau mais ils ont été pris, seul Meynard a causé, les deux autres n'ont voulu rien dévoiler et ont été envoyés dans un camp de concentration; ils y sont morts.

6- Qui a donné l'ordre d'arrêter ou de retarder la marche des troupes d'occupation vers Coutras ?

7- Très mauvaise répartition des munitions le matin du 20 août à nos maquisards volontaires: à ceux qui avaient des fusils français on leur donnant des munitions allemandes. Ceux qui avaient des fusils allemands on leur donnait des munitions anglaises, etc …

8- Ce général autrichien, mon sauveur, est resté deux ans en prison au fort du Ha à Bordeaux. Lors de son jugement beaucoup de rescapés comme moi étaient venus de La Bachellerie, de Condat etc … témoigner leur reconnaissance à leur sauveur. Les uns lui avaient apporté des fleurs et le Président n'a pas pu le condamner.

Enterrement des victimes mardi après midi.

Le Parquet de Limoges est venu m'interroger. Je lui ai dit ce que j'avais vu. Ce sont les Lithuaniens qui ont fusillé. »

Coste Joseph.

LISTE DES OTAGES FUSILLES AUX QUATRE ROUTES:

LAFAYE Léonce (64 ans, prêtre, curé doyen de Saint-Astier).

LEVY Fernand (55 ans, réfugié alsacien, interprète).

BAIVIE Robert (28 ans) employé SNCASO, constr. aéronaut. (carrières de chaux).

BAYLET André (22 ans, cultivateur).

BERTAULT Albert (30 ans, d'une Société bordelaise).

BOUSCARY Jean (52 ans) de la SNCASO (**)

BRUNET André (33 ans) coiffeur.

CAZENAVE Daniel (56 ans) de la SNCASO.

CHIGNAGUET Henri (53 ans) cultivateur.

DUPONT Jean (43 ans), de la SNCASO.

EMOND Eugène (50 ans) d'une Société bordelaise.

GUICHARD Henri (26 ans) de la SNCASO.

HUGUET Henri (48 ans) marchand de vins.

LAFLEUR Antoine (27 ans) forain.

LAMY Charles (52 ans) d'une Société bordelaise.

PARISOT Pierre (33 ans) employé SNCF.

PETIT Fernand (38 ans) ouvrier aux usines à chaux.

PICHAUD Michel (35 ans) gendarme en uniforme.

REVEILLAS Marcel (42 ans) employé de la voirie.

ROBIN Louis (27 ans), d'une Société bordelaise).

VENOU André (37 ans) électricien.

Tués le 20 août aux environs des Quatre Routes:

JOUHAUD Jean (33 ans) peintre.

LOUSTANEAU René (41 ans) d'une Société bordelaise.

VERIN Henri (56 ans) domestique agricole.

Autres victimes de la bataille de Saint-Astier:

BIRAS Max (20 ans)

FELIX Robert (30 ans)

MARAUD

PRINGUEL Eugène

BREDZINSKI

ZENIN (24 ans)

BERTRAND Henri

MACHNER Paul (26 ans)

DOURCENOT Christian (26 ans)

MATHIAS Albert (25 ans)

GUICHARD Thomas (16 ans) tué à Guillassou dans son jardin (balle perdue).

Il faut ajouter le mitrailleur polonais tué dans le clocher: Pierre KOZIEWSKI (A.S.)

Deux victimes ne purent être inhumées ayant été brûlées à la Mairie.

+

Le 12 juin 1944, ECLANCHER et BOISSIERES avaient été tués sans aucun motif, par des soldats de passage en camion, sur une route (rens. Abbé Nogué).

+

(*) Organisation TODT (OT): Groupe de construction et d'ingéniérie de l'Allemagne Nazie. Fondée par Fritz Todt, ministre de l'organisation et de la production de guerre. Son rôle était de construire des moyens de communication et des structures défensives (usines d'armement, camps de concentration, abris sous-marins, lignes de fortifications sur le mur de l'Atlantique et la ligne Gustave.  La Todt installa une usine dans les carrières de chaux de Saint-Astier en prenant la place de la SNCASO.

(**) SNCASO: Société Nationale de Construction du Sud-Ouest. Fondée en 1936 regroupant les usines Bloch, Blériot, Lioret et Olivier. En 1941 elle absorba la SNCA de l'Ouest. Au début de la guerre une usine de fabrication d'avions fut installée dans les carrières de chaux de Saint-Astier. Pendant l'occupation des techniciens de la SNCASO se replièrent à Cannes et mirent au point un certain nombre de prototypes immatriculés "SO ...".

Pour tous renseignements complémentaires, on pourra se référer à l'ouvrage de l'abbé Nogué: « Les Allemands à Saint-Astier » (1945) et au film de Jean-Charles Vergnaud: « Liberté nous voilà ! » ( 2004) .

++

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Article ajouté le 2007-05-31 , consulté 3235 fois

Commentaires


Agnès Lesut-Rousteau le 19/10/2007 à 13:44:08
bonjour et merci pour ce poignant témoignage.
je cherchais des renseignements sur la fabrication de munitions dans une grotte à St Astier pour une amie. Je m'empresse de lui signaler votre blog. Son grand-père, s'est sauvé d'un camp nazi et a atterri à St Astier. Je pense qu'elle ne manquera pas de vous contacter.
votre ouvrage est-il sorti en librairie ? où peut-on se le procurer ?
Amitiés
Agnès
Serge et Anne-Josette site : http://jambertie.blog4ever.com | le 19/10/2007 à 14:52:02
Malheureusement notre ouvrage n'a pas encore trouvé d'éditeur. Cependant nous avons déja publié 3 volumes contenant l'inventaire des Cluzeaux et Souterrains du Périgord. Voyez notre Blog: LE PERIGORD INSOLITE.

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