SAINT ASTIER
Dordogne
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Son Histoire
Et sa Préhistoire
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Par Paul-Serge et Anne-Josette AVRILLEAU
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Avant d’éditer les trois tomes de leur HISTOIRE DE SAINT-ASTIER les auteurs souhaitent soumettre à l’avis des internautes astériens quelques points historiques et recueillir leur avis. Ils commencent ici par la publication du cahier manuscrit de Joseph Coste, père d’Anne-Josette, concernant cette journée dramatique qui a marqué l’Histoire de Saint-Astier au plus profond de sa sensibilité. Ce témoignage a d’autant plus d’intérêt qu’il a été écrit de la main d’un témoin privilégié du drame, et qui a échappé miraculeusement à l’exécution des otages victimes de la barbarie nazie.
LA « BATAILLE » DE SAINT ASTIER
TRAGEDIE DES QUATRE ROUTES
20 août 1944
Récit de Monsieur Coste Joseph:
« Depuis quelques semaines un malaise régnait entre ouvriers, population astérienne et les troupes d’occupation. Ces troupes d’occupation étaient réparties en deux groupes: l’une (La « Told ») les ouvriers travaillant à la carrière des usines à chaux, route de Crognac et l’autre la troupe cantonnée derrière la mairie. Troupe d’occupation: tantôt des nord-africains, tantôt des Géorgiens, tantôt des Arméniens etc … cette dernière devait combattre les maquisards.
Dans la matinée du 19 août le maire Monsieur Bru, ancien colonel, vint prendre possession d’un vieux canon, lequel était depuis longtemps derrière la place de l’église (vestige de la guerre de 1914), le mit en état et le fit placer dans la prairie du château de Labatut, face à l’entrée de la carrière.
Après quelques coups de canon il y eut des blessés parmi les troupes d’occupation, ceux-ci furent aussitôt transportés à l’infirmerie de l’hospice (la troupe d’occupation située derrière la mairie avait été évacuée quelques jours avant) tant qu’aux autres ils étaient faits prisonniers.
Dès l’aube du 20 août des troupes d’occupation étaient annoncées de Périgueux en suivant la route 89, se dirigeant vers Bordeaux.
Aussitôt un groupe de résistants astériens, sous le commandement du lieutenant Bébéar, se forme afin de retarder la marche de ces troupes; des arbres sont abattus tout le long de la route et mis en travers de cette dernière.
Ces troupes d’occupation étaient commandées par un ancien général de souche autrichienne cassé de son grade pour insoumission et envoyé sur le front de Russie;
Sur le front de Russie, il avait repris des gallons puis blessé; ayant été blessé sur la fin des hostilités, il avait été envoyé en France afin d’acheminer ces troupes d’occupation depuis Brive jusqu’à Coutras.
Aussitôt les résistants astériens s’organisent à l’arrivée de ces troupes devant le village du Haut-Roudier, les uns gardent le pont de pierre; les autres le pont du chemin de fer, les autres dans la plaine du Roc et deux guetteurs au clocher (Gaillard et …?); les armes et les munitions leur sont délivrées par des bénévoles, tant mal que bien -aux armes françaises on leur distribuait des munitions anglaises, aux armes anglaises c’était des munitions américaines - etc …
Vers 10 heures nos graves résistants de notre rue Maréchal Foch -Boubou, Brunet, Venou- passent lestement en nous disant « ça ne va pas! ».
Vers 12h, ayant travaillé toute la matinée; ma femme et moi décidons de partie pour Rougerie rejoindre notre fille que la laitière Madame Frant avait bien voulu accueillir la veille.
Je sors du magasin de boulangerie, je vais quérir ma bicyclette à ma remise située à côté de l’ancienne gendarmerie et en tenant la bicyclette j’entendais que l’on me criait « Arrête toi, on te tire dessus ! »? Je me suis arrêté; aussitôt un soldat me gifle fortement et « ros… ros ! » me faut signe d’aller vers la rue Lafayette. A l’instant même un officier lève le bras sur ce soldat; ce dernier me lâche, se retire en grommelant et cet officier m’interroge.
Après l’interrogatoire cet officier me demande Monsieur le Maire -trop loin- puis Monsieur le secrétaire de Mairie, et je le conduis à la demeure de ce dernier. En cours de route, en longeant le trottoir de l’ancienne Coop agricole j’entends par le soupirail Madame Rey qui crie: « Monsieur ce n’est pas de maquis. » Cet officier s’arrête et lui répond: « Madame soyez rassurée il ne sera pas fusillé ». Arrivés devant la porte du secrétaire, nous trouvons porte close. Ils étaient partis, lui, sa femme et sa fille. Demi-tour et me demande de le conduire à la mairie: cette dernière était située rue Léonce Chaulet dans l’immeuble du Général Clerc.
En cours de route, sur la place des marronniers un camion était en feu (Gaz et Électricité). Au café de Paris, le bar est défoncé et les soldats d’occupation se désaltèrent à plein gosier car il fait une chaleur orageuse, puis tous les deux (cet officier et moi) nous entrons au Café du Commerce place du champ de foire; il me dit d’entrer le premier par le couloir. Dans le couloir, avant de descendre les deux marches donnant vers la salle du café, se trouvait une caissette en bois sur la première marche. Au moment où je descendais la première marche un maquisard bénévole emportait cette caissette. Toujours avec cet officier nous faisons le tour de la salle puis, quelques minutes après, nous remontons les deux marches donnant sur le couloir; à ce moment un maquisard que je ne connais pas, nez à nez, nous dit: « ah les salauds, ils ont raflé la caisse! ». Sortis du Café du Commerce nous nous dirigeons vers la mairie (chez le Général Clerc) rue Léonce Chaulet) je rentre le premier, suivi toujours par cet officier (mon sauveur). Les soldats qui s’étaient infiltrés dans St.Astier et la mairie emportaient les uns des machines à écrire, les autres autre chose; puis nous sortons et toujours sous ses ordres nous nous dirigeons cours Victor Hugo. Là halte face à la maison Mallebay-Labasse. A droite un autre camion (Georges) brûlait; à gauche, sur une petite charrette, beaucoup de petits poignards; ordre de jeter ces poignards dans le brasier; en prenant ces poignards je me trouvais face à face avec des maquisards qui avaient élu domicile à la ferme Rapnouil qui se trouvait en face de la maison Mallebay-Labasse.
Puis un ordre de me joindre à une colonne de 18 nord-africains et d’un belge et en route vers la 89 (route nationale). Sur la place se trouvait Boulenzou assis sur un banc, face au marché; cet officier lui dit en passant: « allez sortez vous de là, camouflez vous ». En compagnie de ce belge et de ces 18 nord-africains nous descendons le marché; arrivés au carrefour de la route La Borie -Montanceix et Les Quatre Routes, halte d’une demi-heure. Et je vois, le long du mur de la maison de M.Georges, face à la maison Ladoire, accroupis, une dizaine d’astériens. Personnellement je me dégage du groupe et touche la main à la plupart d’entre eux, tout en regardant vers La Borie -Montanceix s’il n’y avait aucun gardien; je leur dis à Lafleur, Dupeyrat, Venou, Pichaud, gendarme en tenue, Dupont etc: « C’est le moment de vous sauver ! ». Ils me répondent tous: « inutile, on va relever les arbres ». Puis en route vers la 89. Tout le long de la route je questionnais l’officier, mon sauveur: il parlait le pur français et me dis qu’il faisait le commerce de vins à Paris depuis longtemps. Je lui posais beaucoup de questions; il me répondait gentiment entre autres que ce n’était ni civils ni soldats et qu’il n’était pas maître d’eux. Enfin il me dit: « C’est regrettable, nous avons été attaqués, nous nous défendons ».
Arrivés aux Quatre Routes, halte pour laisser le passage du gros des troupes venant de Brive (il y avait beaucoup de camions et quelques canons). Une heure après, en route vers La Massoulie; il nous faisait tenir le côté droit de la 89; au milieu les troupes qui descendaient, à droite vers la rivière, à gauche vers La Mouline des troupes de couverture.
Mais arrivés à la première ferme de La Massoulie (M. Bru Marcel), halte, il y avait encore encombrement; j’attendais depuis quelques minutes lorsque j’entendis Madame Bru crier: « Il n’y a plus d’eau ! ». Elle avait placé une table dans la porte et leur donnait à boire de l’eau sans que ceux-ci pénètrent chez elle. A cet appel, à mes risques et périls, je traverse la route encombrée de troupes et me présente à la table; aussitôt elle me voit et faillit tomber en syncope; je ne savais quoi faire; elle se remet; je luis dis: « Donne moi le seau! » et j’allais au puits communal; de temps à autre je lui procurais des lettres d’américains avec qui je correspondais depuis 1918; Je m’étais trompé de portefeuille, au lieu de prendre mon portefeuille d’identité; puis je fis signe au belge et, avec l’arrosoir, il puisait de l’eau au puits communal et moi , avec le seau, j’allais beaucoup plus loin puiser l’eau au puits de son beau-frère Bru Raoul, croisant ces troupes en ayant le seau à la main.
En passant devant la grosse maison Mazière deux corps étaient étendus, recouverts d’une couverture et quelques minutes après, lorsque j’y suis repassé, à la place des deux corps était un petit tas de cendres du volume de la casquette.
Vers 23 heures un fort orage s’est abattu dans la région et vers 6h lundi matin, n’apercevant que quelques traitants je suis parti du puits de M. Bru Raoul, je longeais le long de la rivière; arrivé face aux Quatre Routes je suivais le pré derrière la maison de M. Astarie.
Aussitôt dans la prairie j’ai aperçu le corps de M. le Curé Lafaye, à 25 mètres le corps du juif qui devait servir d’interprète et à quelques 50 mètres -vue atroce- 19 corps environ, allongés, empilés les uns sur les autres, le corps de Huguet marchand de vin, le corps de Pichot gendarme au 2ème rang et ainsi de suite, tous exécutés de la même façon: une plaie béante au cou et une autre à la nuque, les corps tous allongés la tête vers la route, les pieds vers le ruisseau de La Mouline.
Dans la matinée du dimanche les troupes de la route nationale avaient repéré les deux gardes français qui étaient au clocher et ces derniers ont été fusillés à leur poste, puis ces troupes en entrant sur le pont de pierre avaient repéré Félix dans le jardin de l’hôtel de France et ce dernier a été aussi fusillé.
En cours de route ils ont fusillé un nord-africain sur la 89, face au Moulin Brûlé, un autre au Dérot; ils ne pouvaient pas suivre le convoi; les autres ont été relâchés vers Montpon.
Cet officier qui nous a sauvés a été fait prisonnier pendant deux ans au fort du Ha à Bordeaux. Lors de son jugement beaucoup de femmes et d’hommes sauvés grâce à lui sont venus témoigner de Brive à Périgueux en sa faveur. En pleine audience ces témoins lui ont apporté des fleurs alors que d’autres l’ont embrassé. La Parquet a été très ému de cette marque de sympathie.
Ce sont des Lithuaniens qui ont fusillé les astériens.
Cet officier est rentré aussitôt son jugement au pays en Autriche et il est mort quelques années après.
Complément
Vers 13 heures, après le repas, je vais chez le pâtissier acheter un gâteau pour l’apporter, ma femme et moi, chez Mme Frant à Rougerie, laquelle avait recueilli la veille ma fille.
J’arrivais à la maison en tenant le guidon de la bicyclette d’une main et de l’autre le gâteau, lorsque je fus interpellé brutalement par un soldat avec deux gifles accompagnées du mot « ros »; ma femme qui se trouvait sur le trottoir me crie: « Arrête toi on te tire dessus !». A ce moment un officier supérieur lève le bras sur celui qui m’avait giflé et me questionne. Il causait le pur français et je répondais à ses questions: « M. le Maire ? » - « A deux kilomètres ! » - « M. le Secrétaire de Mairie ? ». Et je l’accompagne chez M. Laplénie rue Jules Ferry. Sur l’aller du parcours, Mme Rey, par un soupirail, dit à cet officier qui me conduisait: « Monsieur ce n’est pas de maquis !». Et l’officier aussitôt répondit: « Madame soyez rassurée il ne sera pas fusillé ». Arrivés chez M. Laplénie nous trouvons porte close, puis il me demande la mairie. Nous faisons demi-tour et en route pour la mairie -maison du général Clerc-. En cours de route, sur la place des marronniers un camion (Gaz et Électricité) brûlait. Des troupes s’étaient infiltrées au Café de Paris et buvaient à plein gosier; puis nous entrons au Café du Commerce. Au moment de descendre les deux marches pour descendre dans la salle du café je me trouve nez à nez avec un astériens qui prenait une petite mallette dans le couloir. L’officier et moi faisons le tour de la salle et en remontant les deux marches nous nous trouvons face à face avec un maquisard étranger qui nous dit « Ah les salauds, ils ont volé la caisse ». Nous ressortons et en route pour la mairie. Là nous entrons, mais des troupes emportaient chose et autre, une machine à écrire etc … puis nous sortons et rejoignons la rue Victor Hugo. Face à la maison Mallebay se trouvait un camion de l’usine Georges en feu et une petite charrette chargée de petits poignards. Cet officier m’ordonne de jeter les poignards dans le brasier en feu. Puis il me fait grouper avec un belge et dix huit nord-africains qui travaillaient à la « Told » et en route vers la route nationale. Le père Boulenzou qui se trouvait devant chez lui, cet officier lui dit « Voulez vous vous sortir de là … camouflez vous! ». Et nous descendons par le marché aux bœufs et traversons le pont de pierre.
Arrivés, l’officier, le groupe et moi, un ordre « Halte! ». A ce moment je me dégage du groupe et je vois accroupis à côté du mur de M. Georges, M. Reveillas jeune, Dupont, Pichaud gendarme, Venou électricien. Ne voyant rien du côté de La Borie je leur dis: « C’est le moment de se sauver! ». Ils me répondirent: « Inutile on va relever les arbres ». Et de nouveau notre colonne se dirige vers les Quatre Routes.
Je me tenais toujours vers l’officier, mon sauveur, et le questionnais. Il est de souche autrichienne et faisait le commerce de vins à Paris avant la déclaration de guerre. En entrant dans une ville de France, une femme lui a craché au visage; aussitôt ordre de prendre cinquante otages; il a refusé, c’est alors qu’il a été cassé et envoyé sur le front de Russie, mais là il s’est bien comporté et a repris des galons et c’est vers août 1944 qu’il était revenu blessé avec ordre de rassembler toutes les troupes d’occupation de Brive à Coutras. Depuis Brive il ne cessait de leur répéter, aux civils qui se trouvaient sur leur passage: « Sortez-vous de là, camouflez vous! ». Ces troupes d’occupation traversent Périgueux, mais arrivés à Jévah, face à St Astier, ont été attaqués par des maquisards.
Après un arrêt aux Quatre Routes pour laisser la voie libre à ces troupes d’occupation, en route sur la route 89 en empruntant le côté droit de la route. Mais arrivés, notre groupe, l’officier, les dix huit nord-africains, le belge et moi, à la première maison sur la gauche M. Bru M. il y a eu embouteillage, alors encore repos. Il était dix neuf heures lorsque j’entends Madame Bru dire à haute voix: « Il n’y a plus d’eau! ». Alors je me dégage du groupe et m’approche de Mme. Bru; aussitôt, me voyant seul avec toutes ces troupes a failli tomber en syncope. Mais quelques minutes après elle s’est remise et elle me donne l’arrosoir pour aller puiser l’eau au puits du village et sur cet entrefaite m’étant trompé de portefeuille j’avais des papiers américains avec lesquels je correspondais. De crainte d’être fouillé je les lui donnais sous l’arrosoir et elle me les faisant brûler. Puis je fis signe au belge de s’approcher; aussitôt je lui donnais l’arrosoir et je lui pris le seau pour aller puiser l’eau beaucoup plus loin au puits de Bru Raoul.
Mais vers vingt et une heures un orage violent avec beaucoup d’éclairs et de pluie. Je me retranchais derrière le puits afin de me cacher. La plupart des gens de La Massoulie, à leurs risques et péril, venaient me trouver « Viens chez moi, tu seras à l’abri et je te camouflerai ». A tous je les remerciais: « Non, vous seriez fusillés et votre maison brûlée. ».
Lundi matin 21 août, vers cinq heures, je me décide a rejoindre St Astier en longeant la rivière car il y avait encore des traînards sur la route. Je traversais le ruisseau La Mouline et dans une prairie, entre le ruisseau et la route je fus émotionné de voir dix neuf fusillés, tous les pieds vers le ruisseau et la tête vers la route; je courus donner l’alarme aux premières maisons, mais non loin de là, dispersés se trouvaient le corps du curé Lafaye et du juif interprète.
Pendant l’occupation beaucoup de tristes choses étaient passées:
1- Le révolver que M. Jean Bordas avait pris en étant tous les deux en état d’ivresse à un officier allemand et l’avoir jeté à la rivière, ordre de prendre cinquante otage si le révolver n’est pas trouvé à 17heures. A 17 heures moins quelques minutes le révolver était retrouvé.
2- Affaire Chanraud. Ancien maire de St.Astier il avait rejoint le maquis entre Manzac, Vergt et Villamblard et quelquefois il venait s’approvisionner chez lui clandestinement à St.Astier, mais des traîtres français à la solde des allemands avaient eu vent de l’affaire et guettaient Chanraud. Or un soir Chanraud arrive chez lui mais le chef des garde voix (T), poussé par un ancien conseiller municipal et un grand blessé (L) vit du pont du chemin de fer l’auto de Chanraud. Aussitôt il donne l’alarme et Chanraud fut arrêté.
3- Coup de fusil tiré par Jean Bordas en l’air dans la ruelle du porche. Perquisition dans certaines maisons du quartier et prise de trois otages: Jeiger, Mathurin et Lafourcade. Avec appel à la population vers 22h: « S’il y a désordre avant 6h du matin les trois otages seront fusillés ».
4- Les maquisards ayant attiré des troupes d’occupation dans un guet-apens vers Bourrou; ces derniers avaient eu beaucoup de pertes. Au retour ils fusillaient ceux qui étaient dans les champs et Eclancher de la Mouline, Boissière de St.Astier ont été tués dans leur champ.
5- Meynard, de la Cie des chemins de fer PO, Soulier de la barrière de Redondie et le gendre de Teillet de la barrière de Jevah, avaient eu l’idée de planter un drapeau mais ils ont été pris, seul Meynard a causé, les deux autres n’ont voulu rien dévoiler et ont été envoyés dans un camp de concentration; ils y sont morts.
6- Qui a donné l’ordre d’arrêter ou de retarder la marche des troupes d’occupation vers Coutras ?
7- Très mauvaise répartition des munitions le matin du 20 août à nos maquisards volontaires: à ceux qui avaient des fusils français on leur donnant des munitions allemandes. Ceux qui avaient des fusils allemands on leur donnait des munitions anglaises, etc …
8- Ce général autrichien, mon sauveur, est resté deux ans en prison au fort du Ha à Bordeaux. Lors de son jugement beaucoup de rescapés comme moi étaient venus de La Bachellerie, de Condat etc … témoigner leur reconnaissance à leur sauveur. Les uns lui avaient apporté des fleurs et le Président n’a pas pu le condamner.
Enterrement des victimes mardi après midi.
Le Parquet de Limoges est venu m’interroger. Je lui ai dit ce que j’avais vu. Ce sont les Lithuaniens qui ont fusillé. »
Costes Joseph.
LISTE DES OTAGES FUSILLES AUX QUATRE ROUTES:
LAFAYE Léonce (64 ans, prêtre, curé doyen de Saint-Astier).
LEVY Fernand (55 ans, réfugié alsacien, interprète).
BAIVIE Robert (28 ans) employé SNCASO, constr. aéronaut. (carrières de chaux).
BAYLET André (22 ans, cultivateur).
BERTAULT Albert (30 ans, d’une Société bordelaise).
BOUSCARY Jean (52 ans) de la SNCASO.
BRUNET André (33 ans) coiffeur.
CAZENAVE Daniel (56 ans) de la SNCASO.
CHIGNAGUET Henri (53 ans) cultivateur.
DUPONT Jean (43 ans), de la SNCASO.
EMOND Eugène (50 ans) d’une Société bordelaise.
GUICHARD Henri (26 ans) de la SNCASO.
HUGUET Henri (48 ans) marchand de vins.
LAFLEUR Antoine (27 ans) forain gitan.
LAMY Charles (52 ans) d’une Société bordelaise.
PARISOT Pierre (33 ans) employé SNCF.
PETIT Fernand (38 ans) ouvrier aux usines à chaux.
PICHAUD Michel (35 ans) gendarme en uniforme.
REVEILLAS Marcel (42 ans) employé de la voirie.
ROBIN Louis (27 ans), d’une Société bordelaise).
VENOU André (37 ans) électricien.
Tués le 20 août aux environs des Quatre Routes:
JOUHAUD Jean (33 ans) peintre.
LOUSTANEAU René (41 ans) d’une Société bordelaise.
VERIN Henri (56 ans) domestique agricole.
Autres victimes de la bataille de Saint-Astier:
BIRAS Max (20 ans)
FELIX Robert (30 ans)
MARAUD
PRINGUEL Eugène
BREDZINSKI
ZENIN (24 ans)
BERTRAND Henri
MACHNER Paul (26 ans)
DOURCENOT Christian (26 ans)
MATHIAS Albert (25 ans)
GUICHARD Thomas (16 ans) tué à Guillassou dans son jardin (balle perdue).
Il faut ajouter le mitrailleur polonais tué dans le clocher: Pierre KOZIEWSKI (A.S.)
Deux victimes ne purent être inhumées ayant été brûlées à la Mairie.
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Le 12 juin 1944, ECLANCHER et BOISSIERES avaient été tués sans aucun motif, par des soldats de passage en camion, sur une route (rens. Abbé Nogué).
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Pour tous renseignements complémentaires, on pourra se référer à l’ouvrage de l’abbé Nogué: « Les Allemands à Saint-Astier » (1945) et au film de Jean-Charles Vergnaud: « Liberté nous voilà ! » ( 2004) .
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